lundi 20 avril 2015

Le pape François reconnait le génocide arménien!



Vous trouverez ci-joint deux articles évoquant la décision du Pape François de reconnaître le génocide arménien lors de la messe donnée à l'occasion de la célébration du centenaire du génocide. 
Sr Arousiag et les enfants de l'orphelinat étaient présents au Vatican ce jour pour donner un concert à cette occasion.


http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-commemore-le-massacre-des-Armeniens-le-premier-genocide-du-XXe-siecle-2015-04-12-1301480#

http://www.famillechretienne.fr/eglise/pape-et-vatican/pourquoi-le-pape-francois-denonce-le-genocide-armenien-164149

mardi 10 février 2015

samedi 10 janvier 2015

Partir en Arménie est également l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les origines de notre foi.
En effet, ce petit pays aux frontières de l’Azerbaïdjan et de la Turquie est un trésor inestimable pour l’Histoire du christianisme.
Première nation chrétienne, l’Arménie construit la première église monde, entre 298 et 301 à Etchmiadzine, grâce aux instructions de Saint Grégoire l’Illuminateur. Ainsi, il ne faut pas oublier que les arméniens sont également les dépositaires d’une liturgie considérée comme l’une des plus anciennes de l’Eglise.
Nous rencontrerons les communautés chrétiennes, qu’elles soient apostoliques (autocéphales ou ayant leur propre hiérarchie autonome) ou qu’elles soient rattachées à Rome tout en ayant conservé la liturgie arménienne qui la caractérise. Ces communautés peuvent nous donner la possibilité d’apercevoir la diversité et la richesse de l’Eglise et des églises, mais également de comprendre leur complexité et la difficulté de l’œcuménisme.
Ce séjour peut donner à chacun, jeunes et adultes, le moyen de s’ouvrir à d’autres réalités ecclésiales ainsi qu’à une autre tradition liturgique. Nous pourrons constater la persistance de la foi chrétienne et la persévérance des croyants de ce peuple malgré les persécutions qu’elles aient été turques ou soviétiques.
Cette rencontre d’Eglises orientales doit nous permettre de nous soucier de ces « chrétiens des origines », frères dans la foi et gardiens de traditions ancestrales. Ils sont pour nous comme un trait d’union dans l’Histoire.

Enfin cette sorte de Visitation d’Eglises, doit être perçue comme le partage entre nos Eglises d’Occident et d’Orient, qui peut nous permettre de relire notre propre patrimoine et de redécouvrir la richesse de notre tradition dite latine.

Aspect artistique du projet

Aspect artistique du projet


Si souvent on se demande où se trouve l’Arménie, son nom pourtant évoque immédiatement l’architecture, tant ce pays a marqué le monde chrétien par ses innovations. Premier pays chrétien du monde, on trouve encore les vestiges de la première église à Etchmiadzin (IIe siècle). Les architectes arméniens sont allés partout dans le monde porter leur science. On leur doit notamment la forme des clochers de nombre d’églises de base carrée et de sommet en coupole, passage hautement symbolique : le carré, terre des hommes, se transformant dans le clocher de l’église en cercle, perfection, sans début ni fin, infini, symbole du divin.

L’enluminure arménienne, sans doute moins connue, est encore pratiquée dans le pays aujourd’hui. Bien qu’il y ait des correspondances, les codes ne sont pas ceux de l’icône orthodoxe, la symbolique des couleurs est par exemple moins rigide.

Sr Arousiag nous a demandé 7 ou 12 panneaux catéchétiques à exposer de façon permanente sur un chemin conduisant à une grande croix au fond du parc du centre de Tsaghkadzor. Les enfants ont en effet besoin de renouer avec leur passé par l’art et la religion.

Nous sommes partis du dodekaorton (Δωδεκαόρθον), cycle des douze grandes fêtes byzantines de l’année liturgique. Plusieurs livres sur l’enluminure arménienne1 nous ont permis de compter les fêtes les plus fréquemment illustrées dans les manuscrits. En travaillant en parallèle avec les calendriers liturgiques chrétiens orthodoxe et catholique nous avons choisi douze scènes. Quatorze prototypes inspirés des manuscrits ont été réalisés. Nous avons ensuite sélectionné les sept premiers : Annonciation – Nativité – Baptême – Cène – Crucifixion – Résurrection – Pentecôte - que nous réaliserons d’abord. Si nous en avons la possibilité nous réaliserons ensuite cinq autres tableaux : Présentation – Transfiguration – Rameaux – Ascension – Anastase ou Résurrection de Lazare. Chaque tableau tenant dans un carré, sera encadré par des colonnes et un tympan inspirés des canons de divers manuscrits arméniens.

Nous travaillons sous le regard de Sr Arousiag et du P. B. Chevalier, spécialiste d’enluminure, titulaire de la Licenza in Beni Culturali della Chiesa et responsable de la commission d’art sacré du diocèse d’Angers, pour produire des images les plus proches possibles de la culture arménienne et les plus pédagogiques possibles pour les enfants de Tsaghkadzor. Les images présentées ici ne sont que des prototypes d’étude réalisés avec diverses techniques : croquis à la sanguine, graphite ou craie, première ébauche à l’aquarelle puis glacis aux pigments purs et gomme arabique ou œuf selon le cas.

1 La miniature arménienne, coll. De Maténadran – Erevan. Ed d'art Aurora. Leningrad 1984
Miniatures arméniennes. Manuscripts Matenadaran. Gal d'art d'état de la RSS
Manuscrit arménien illustré du xve siècle de la BNF n°18

Annonciation

Annonciation (Khairetismos=la visita)
L’Ange Gabriel est reconnaissable à ses ailes mais aussi un bandeau dans les cheveux signifiant qu’il ne parle pas de son chef mais de la part de Dieu et son bâton de messager sur lequel on plaçait le message pour le tendre au récipiendaire. Sa forme en croix annonce aussi à Marie l’issue de la vie terrestre du Christ.
La Vierge Marie surprise par l’annonce lâche le fuseau de fil pourpre, couleur impériale, qu’elle était en train de filer pour son divin Fils, et fait un geste de consentement de l’autre main. Elle est couverte par une église, de forme arménienne, pour signifier qu’elle en est la mère. Un arbre, celui de Jessé sans doute, sépare l’ange, divin, de la Vierge, humaine.
Les textes apocryphes disent qu’à cet instant crucial de sa vie, elle était à la fontaine partie puiser de l’eau, symbole de fécondité et de maternité, comme le vase qu’elle a posé pour écouter la voix de l’ange.
Le ciel en demi-cercle coule vers Marie pour lui apporter l’Esprit montré sous forme d’une colombe.
La Vierge est vêtue de bleu, couleur divine, qui exprime le détachement vis-à-vis du monde et l'envol vers Dieu, et d’un manteau rouge, qui manifeste le déferlement d'une vie exubérante et est le symbole de la vérité divine dans l'Ancien Testament. Symbole de l'amour, du sacrifice et de l'altruisme.  La pourpre était dans le monde antique en général et byzantin en particulier, la couleur du vêtement impérial. Le manteau de la Vierge (« manphorion ») est de cette couleur, symbole ici de royauté et de divinité, puisque Dieu l’a choisie pour être la Mère du Roi du monde.
L’ange à l’inverse, comme le Christ, s’habille de rouge symbole de pouvoir terrestre suprême et du bleu de sa divinité. Le bleu du manteau ("himation") du Christ symbolise son caractère céleste, infini, sage et mystérieux. Céleste ou profond, il marque une participation au divin indicible,  au transcendant impalpable, à l’infini du ciel ou de la mer.